Revenus et biens paroissiaux/la fabrique

"Sans compter les bénéfices qui lui reviennent lors des messes ou cérémonies variées la cure tire ses revenus des propriétés qu'elle a acquises , de dotations ou de ce système censitaire extrêmement complexe qui eut cours tout au long de l'Ancien Régime. Sa vitalité dépendait aussi bien de la personnalité du curé que de l'action de la fabrique et donc des marguilliers." (Mémoires de la société d'histoire et d'archéologie de Senlis)

La Fabrique était un organisme par lequel on désignait l'ensemble des personnes , marguilliers ou fabriciens , nommés officiellement pour administrer les biens de la paroisse. Ce nom désignait également tous les biens et revenus de l'église. Supprimée à la Révolution , la Fabrique a été rétablie par le concordat entre Pie VII et le premier Consul le 15 juillet 1801. La loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation de l ' Eglise et de l ' Etat a supprimé définitivement la Fabrique.

Compte-rendu de la dernière séance du Conseil de Fabrique de Mortefontaine avant sa dissolution :

"10 Décembre 1906 . Dernière réunion extraordinaire du Conseil de Fabrique avant sa dissolution légale.

L'an mille neuf cent six , le dix décembre , le Conseil de Fabrique de l'église de Mortefontaine s'est réuni en séance extraordinaire avec l'autorisation de Mgr l' Evêque et sur son invitation , la veille de sa dissolution légale . Etaient présents Mrs Chantrier, président , Rannaud , trésorier, Parent , Elie Tassain , Dupont ,curé, secrétaire élu en remplacement de Mr l'Abbé Vivet.

Après examen des comptes arrêtés au 11 Décembre 1906 , date ou expire la gestion légale de la Fabrique , il a été reconnu que les Recettes s'élevant à deux mille deux cent quatorze francs quinze centimes et les dépenses courantes à sept cent vingt quatre francs 80c. d'ou un excédent de Recettes de quatorze cent quatre vingt neuf francs 35c, que le Conseil , après délibération , décide d'employer à solder les dépenses faites pour la restauration du Presbytère , votée en Janvier 1906 - Le montant de ces réparations s'élevant à quatorze cent quatre vingt neuf francs 35 centimes , d'après le mémoire présenté et accepté , il y a balance sans excédent ni debtes - Le Conseil en conséquence approuve toutes ces opérations et donne décharge définitive à Mr le Trésorier.

Avant de clore la séance , Mrs les membres présents , déclarent qu'ils ne peuvent en conscience , se prêter seuls ou collectivement à la dévolution des biens , telle que la Loi de Séparation le règle. Pour dégager leur responsabilité ils décident que Mr le Trésorier soumettra à Mr le Curé les titres, valeurs et documents de la Fabrique dont Mr le Curé donnera décharge.

En terminant cette dernière délibération , les membres présents protestent de leur attachement au Souverain Pontife et de leur obéissance à toutes les décisions de l'Autorité épiscopale.

Fait à Mortefontaine le dix décembre mil neuf cent six.

Suivi des signatures"

Les obsèques et les zones d'inhumation

"Il est courant dès la fin du Xème siècle d'offrir le Saint-Sacrement à l'intention d'un défunt. A la fin du Moyen-Age cette coutume se développe considérablement. Les fidèles attendaient de l'Eucharistie des grâces en abondance d'ou la multiplication des legs aux églises , mais cela ne concerne que ceux qui en avaient les moyens , à qui ils promettaient en échange de célébrer des messes à leur mémoire . Les plus humbles , quant à eux , économisaient pour pouvoir bénéficier d'au moins une célébration annuelle. … Au Moyen-Age il n'est pas rare que l'élite écclésiastique ou civile soit inhumée au sein même d'un édifice religieux qui demeure l'endroit béni pas excellence…Les autorités religieuses , à l'occasion de nombreux conciles , s'opposeront aux inhumations dans les églises puis les interdiront. … A défaut d'être enterré dans l'église , on souhaitait reposer à proximité de ses murs . Cette nécropole fort exigüe a fini par poser de nombreux problèmes. Au XVIIIème siècle de nouveaux cimetières vont être créés . L'interdiction d'utiliser les anciennes zones d'inhumations fut décrétée. La santé publique était souvent l'argument clé."

L'église

L'église saint Barthélémy comprend une nef de cinq travées avec bas-côté au sud-ouest et une abside à cinq pans Le clocher s'élève sur la première travée du bas-côté. Des voutes d'ogives recouvrent intégralement l'édifice et le style des culots qui en reçoivent certaines comme celui des deux chapiteaux visibles à la seconde travée accuse nettement l'époque de la Renaissance. Une datation récente des Bâtiments de France indique que la partie la plus ancienne serait de la fin du XVIème siècle ou début du XVIIème siècle (chapiteaux et voutes) , les contreforts et le revêtement extérieur sont postérieurs.

Baptistère, fonts baptismaux

"Le baptistère était un édifice spécialement affecté à l'administration du baptême , à l'entrée de l'édifice religieux. L'administration du baptême était originairement réservée à l'évêque , le baptistère est une annexe de la cathédrale. L'emplacement en est variable: on trouve des baptistères jusque dans les cryptes. Dans les rites chrétiens , jusqu'au Moyen-Age , le baptisé était plongé dans un bassin. Ce rite fut abandonné à l'époque romane. C'est pourquoi on ne fit plus alors de baptistères proprement dits, séparés de l'église. Le prêtre se contenta d'ondoyer le baptisé, de l'asperger d'eau. Les fonts baptismaux , sorte de cuve élevée au-dessus du sol servant à administrer le baptême par aspersion sont situés à l'entrée de l'église, sur le côté nord. A ne pas confondre avec le bénitier , récipient placé à l'entrée d'une église et qui contient de l'eau bénite avec laquelle , geste de purification , on se signe en entrant dans l'édifice". (Pierre Ripert - le bestiaire des Cathédrales).

Le presbytère

Dans les temps anciens le presbytère se trouvait prés de l'église. En 1831 il fut vendu. Après l'arrivée de l'Abbé André Briand , un nouveau presbytère fut construit , rue du val. Il est de nos jours propriété de la Municipalité. L'Abbé Jules Auguste POIRSON fut le dernier curé a avoir résidé dans ce presbytère.

Les chapelles

La chapelle sainte Marguerite et la chapelle Notre Dame de Montmélian Toutes deux lieux de pèlerinage fort anciens dépendaient de la paroisse. La chapelle du château dépendait aussi de la paroisse de Mortefontaine.