Les statues de la paroisse de Mortefontaine

Vierge à l'Enfant

Calcaire polychrome et doré du 14ème siècle. Voile fixé par une riche couronne ouverte. Visage épais et empâté, sourire un peu forcé.A cette époque les proportions de la Vierge Marie s'élargissent. Les étoffes sont plus amplement traitées. Les costumes s'enrichissent. Un sens nouveau du volume s'y exprime. Plasticité accusée, les effets optiques de la parure et de la polychromie participent à la spacialité nouvelle de la sculpture. Chaussures pointues, se dégageant à peine de l'étoffe qui nappe généreusement le socle. Position de l'Enfant : la tunique laisse les épaules à nu, se trait apparaît vers la fin du XIII ème siècle.. Port d'une colombe dans sa main gauche, la main droite retenant le voile de sa mère, motifs iconographiques répandus dans l'imagerie mariale du XIVème siècle. L'image de la colombe évoque l'Esprit Saint et la maternité virginale de Marie. Mais il est aussi intéressant d'observer que l'artiste a, d'une certaine manière, évoqué l'indocilité de l'oiseau par le fait que l'Enfant tient l'oiseau fermement dans la main. Notons aussi la position des mains de la Vierge : la droite vers le bas, la gauche vers le haut formant contrepoint et comme pour évoquer l'équilibre parfait

Pour les deux statues suivantes, voici ce que raconte Monsieur J-H Volbertal dans son son ouvrage imprimé à Senlis en 1924 et intitulé : Mortefontaine - Le Domaine de Vallière : "L'historien Müller, après avoir appris que Mortefontaine fut érigé en paroisse en 1276, se pose une question : "D'ou viennent, se demandait-il en 1896, les débris de statues qui se dissimulent sous le lierre à la porte du pauvre édifice ? " Mais c'est peut-être à Gérard de Nerval que les statues doivent une certaine célébrité, qui les évoque vers 1830. Enfin elles ont été restaurées, débarrassés de leur enveloppe de lierre de telle sorte que personne ne songe maintenant à les confondre avec la représentation d'antiques dieux gaulois…

  • marieVierge à l'enfant

Vierge à l'Enfant

Statue en pierre datée du XVIème siècle. Mutilation du visage de la Vierge et de l'Enfant.

  • st denisSaint Denis

Saint-Denis céphalophore

Statue en pierre datée du XVIème siècle

Sainte Anne, mère de Marie

Statue du XIXème siècle en terre cuite

Saint Joseph

époux de Marie, mère de Jésus. Statue du XIXème siècle en terre cuite.

Le roi Salomon

Belle copie en plâtre produite par les Ateliers du Louvre d'une statue-colonne dont l'original se trouve au Musée du Louvre à Paris. (voir les explications ci-dessous "La Reine de Saba")

"Dès la fin du Xème siècle des artistes d'Auvergne, par example, exécutaient des Vierges de bois conformes au type théologique de Marie considérée comme le trône de Salomon et l'arche de la sagesse." M. Bréhier - L'art chrétien.

La reine de Sabah

Belle copie en plâtre produite par les Ateliers du Louvre d'une statue-colonne dont l'original se trouve au Musée du Louvre à Paris, avec les explications suivantes : Une reine dite "la Reine de Saba" auparavant connue sous le nom de Clotilde. Ile de France. Dernier quart du XIIème siècle. Pierre calcaire (original) Hauteur 23,50 ; L 45 ; Pr 41cm. Provenant d'un des ébrasements du portail occidental de l'église collégiale de Notre Dame à Corbeil (Essonne), démolie en 1819. Acquise (avec son pendant, une statue du roi dit "le Roi Salomon" auparavant connu sous le nom de Clovis) par A.L. Sergent ( Sergent-Marceau) puis passée chez le mouleur Bourelleau. Entrée au Musée des Monuments français entre 1803 et 1806. Placée dans la basilique de Saint-Denis de 1817 jusqu'à son attribution et son transfert au musée du Louvre en 1916.

Au XIIème siècle ce type de statue-colonne était dressé de part et d'autre des portails dans certaines églises.Comme le dit si bien M. Focillon "Le Nord (de la France) donnait aussi sa contribution à la pensée religieuse du XIIème siècle en ressuscitant le thème de la correspondance mystique des deux Testaments … Suger faisait de Saint -Denis un atelier… Il dressait les statues des annonciateurs du Christ sur chaque pan du portail de sa basilique. Il arrachait l'antique Bible juive à la poussière des âges et la donnait comme vestibule monumental aux Evangiles."

"La reine de Saba nous fait penser aux vierges du XIIIème siècle dans l'Ile-de-France : c'est le visage presque carré, au menton fort, aux sourcils largement ouverts au-dessus des yeux. Notons aussi le mouvement des épaules tombantes, ou plutôt l'effort pour racheter l'angle des épaules et du cou par un amortissement, voile ou chevelure." Henri Focillon - l'art des sculpteurs romans.